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Syndrome du pare-brise : Mythe ou réalité ?

Aussi connu sous le nom d’effet Pare-brise, le syndrome du Pare-brise est un phénomène qui n’attire pas forcément l’attention des plus jeunes. Rien d’étonnant, puisque cet épisode a commencé depuis plus de vingt ans. Glass Express s’est intéressé au sujet et a décidé de partager avec vous un papier qui décortique les tenants et les aboutissants de cette problématique.

Qu’est-ce que le syndrome du Pare-brise ?

Tout d’abord, désacralisons ce terme qui peut laisser à penser à quelque chose de totalement illusoire. Non, il ne s’agit pas d’une infection ou d’une maladie évoluant dans l’univers du vitrage automobile, mais plutôt d’une baisse anormale des insectes qui s’écrasent sur les vitres des véhicules au cours de longs trajets. Si certains d’entre vous ont instinctivement pensé aux vacances d’été en lisant ces lignes, il est fort à parier que beaucoup de bons souvenirs ont refait surface. Et pour cause, le syndrome du pare-brise avait pour conséquence un nettoyage fréquent de la partie avant d’un véhicule par des parents un tantinet « ou pas ! » énervés.

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Moins d’insectes sur les pare-brises : à quel prix ?

Différentes études ont été effectuées au cours de ces dernières années pour essayer de comprendre le pourquoi d’un tel déclin chez nos amis les insectes. Oui, oui, nos amis. En dépit de leur apparences parfois intimidantes, ces petites bestioles sont souvent inoffensives et ont un rôle capital dans l’environnement. À titre d’exemple, pouvez-vous imaginer un Monde sans abeilles, véritables reines pollinisatrices ? L’Agriculture Mondiale pourrait ne jamais se relever! Mémorisez bien l’image juste en dessous avant de poursuivre votre lecture…

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L’analyse de la Krefeld Entomological Society fait réfléchir

Les chercheurs spécialisés en entomologie de la Krefeld Entomological Society (article original en anglais) ont réalisé une étude sur le déclin de la population d’insectes en 1989. Le but ? Poser des pièges dans une réserve naturelle avec pour objectif de comptabiliser le nombre de bestioles sur un certain nombre d’années. Plus de 20 ans plus tard, 23 pour être exact, les résultats ont parlé ; leur nombre a diminué de 80% ! Dans une démarche de contre-vérification, l’analyse a été reproduite de 2013 à 2016. Conclusion : le bilan était toujours négatif…

Les Australiens encouragent à produire différemment

Et ce ne sont pas les écologistes qui diront le contraire. Le déclin de l’entomofaune dans le monde, tel est le nom de l’étude réalisée par des chercheurs Australiens et publiée dans la revue Biological Conservation (en anglais). L’article tire la sonnette d’alarme sur la façon de produire nos aliments. L’écrit va encore plus loin en indiquant que les insectes seront sur la pente de l’extinction dans quelques décennies si rien n’est fait. Si une telle chose venait à se produire, cela marquerait purement et simplement l’effondrement des écosystèmes naturels.

L’observation de nos voisins au Royaume-Uni

Au cas où vous ne le sauriez peut-être pas, The Guardian est un média anglais on ne peut plus sérieux. Or, une étude participative publiée dans ce journal au mois de février 2020 corrobore les diverses analyses faites dans les autres pays mentionnés plus haut. L’auteur, ou plutôt les auteurs de ce rapport, sont deux pointures de l’entomologie, à savoir Kent Wildlife Trust et Bug Life. Dans le cadre d’une expérimentation, des automobilistes bénévoles ont accepter d’installer des « splatometers »/éclaboussomètres sur leur plaque d’immatriculation. Ces petites grilles créées pour le dénombrement d’insectes morts sur de longs trajets ont indiqué 0,104 de bestioles mortes par mile en 2020, contre 0,238 il y a seize ans. Cela étant dit, les chercheurs ont aussi fait mention d’une certaine disparité en fonction des régions.

« L’amour a son instinct, il sait trouver le chemin du coeur comme le plus faible insecte marche à sa fleur avec une irrésistible volonté qui ne s’épouvante de rien. »

Honoré de Balzac

L’Académie des Sciences : son avis sur la question

Il aurait été étonnant que l’Académie des Sciences ne se prononce pas sur cette affaire. Dans un communiqué de presse publié le 26 janvier 2021, l’assemblée de scientifiques n’a pas caché son inquiétude face à la tournure des évènements. En cause, l’érosion de la biodiversité des insectes et de ses répercussions écologiques est un sujet épineux.  À ce titre, l’ADS a donc communiqué une liste de recommandations à adopter pour surmonter cette épreuve, à priori, infranchissable. Parmi les consignes les plus notables, nous trouvons, sans grande surprise les points suivants :

  • Réduction de l’usage des pesticides
  • Préservation de l’habitat naturel des insectes
  • Revalorisation du rapport entre l’homme et l’insecte
Abeille

Arrêtons-nous sur la faisabilité des points mis en avant

1. Réduction de l’usage des pesticides

Soyons clair : ce ne sont pas les pare-brises qui tuent le plus d’insectes à l’échelle Mondiale. Les pesticides ne sont pas toujours vus d’un bon œil un peu partout sur la planète. À tort ou à raison, combien d’agriculteurs ou de producteurs industriels seraient prêts à renoncer à l’utilisation de ces produits ? À moins de trouver un substitut, ce combat va malheureusement durer encore des décennies…

2. Préservation de l’habitat naturel des insectes

Déforestation, industrialisation ou encore pollution sont des abysses. Comment faire entendre raison à des géants dont les profits dépendent directement ou indirectement des forêts et de leurs ressources ? Est-ce que c’est un combat perdu d’avance ? En attendant, des milliers de bestioles continuent à disparaître, sans parler du fait que les animaux qui s’en nourrissent principalement sont incapables de s’alimenter autrement. Que vont faire les chauve-souris, les hérissons, les taupes et toutes les autres créatures insectivores ?

3. Revalorisation du rapport entre l’homme et l’insecte

L’homme se doit d’être le gardien de la nature, non son propriétaire.

Philippe St Marc

 

Tout est dit. Est-ce aux insectes de nous protéger ou l’inverse ?

Il va sans dire qu’un effort collectif est de mise. Dans cette optique, la pédagogie et la sensibilisation à travers des ateliers devraient être mis en avant. Que ce soit à l’école ou même dans les entreprises, c’est un message qui doit s’adresser à toute l’humanité. En conclusion, ne nous quittons pas sur note triste, compte tenu du fait que Glass Express s’est lancé dans la production de miel à base de pare-brise. Y goûter, c’est l’adopter !

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